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TEMOIGNAGE – Quand on perd son enfant, on pense que jamais plus on ne pourra rire

Des ténèbres à la joie…

« Quand on perd son enfant, on pense que jamais plus on ne pourra rire, que jamais plus on ne pourra éprouver la légèreté de la vie ou la spontanéité et l’ivresse de la joie.

On se dit que cette joie sera entachée de culpabilité. Comment rire en sachant qu’on n’entendra plus jamais rire son enfant? On se sent à jamais empesé d’une chape de plomb. Celle d’être soi-même encore en vie quand son enfant ne l’est plus.

Pourtant la vie montre que c’est possible. Que même en perdant le plus cher, on ne perd pas ce lien fondamental à la vie, à l’amour, à la joie. La joie comme célébration de la vie, comme raison de vivre et même justement de survivre. Non pas au sens habituel de survie (vie réduite au minimum ou demi-vie) mais bien au contraire au sens de SUR-vie, c’est-à-dire de « plus de vie », de vie pour deux en quelque sorte, soi et son enfant que l’on porte un peu comme on porte un enfant les premiers mois d’une grossesse. Quand personne ne le voit encore mais que nous on le sait exister en nous et que l’on se sent plus fort et plus heureux de cette présence.

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Alors non, la perte d’un enfant n’est pas la fin de la vie avec lui. Et rire peut même prendre une intensité nouvelle, comme pleurer ou éprouver la palette des émotions dont la vie nous fait le cadeau dont on sait l’immense valeur éphémère.

Quand on n’a pas le choix, il nous reste le cœur, il nous reste la joie! « 

 

Nathalie Paoli, le 4 mai 2017. Dans après la mort de sa fille Carla-Marie.

 

La joie c’est la lumière!

18301301_1299383396849469_7329106162337624427_nLe témoignage de Nathalie fait écho au très beau reportage de France Culture intitulé  « Les ténèbres meurent de la joie », reprennant quant à lui les témoignages de Marguerite, Virginie et Jenna. Trois femmes racontant leur expérience de la joie, sur le chemin de leur résilience après un drame personnel.

« Surmonter les ténèbres en soi et le désespoir, c’est ça la joie. C’est comme un cri. Je n’en peux plus, c’est impossible de supporter, et là, mystérieusement, quand on touche le fond de la piscine, on lâche tout, on ne peut pas ne pas lâcher. Et la joie surgit. Une joie qui vous verticalise et vous fait remonter. Et vous ne pouvez que rayonner cette joie, quoiqu’il arrive ».

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