Le Point rose

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Plus haut et plus près de nos enfants

Deux jours dans le massif des Écrins, sur le chemin des neiges éternelles, aux pieds du Glacier Blanc et du Glacier Noir. Christelle nous raconte ces deux jours en immersion dans la montagne, avec les parents du Point rose.

« Nos enfants qui sont au plus profond de notre cœur ont guidé chacun de nos pas. Ils nous ont ouvert les yeux sur la beauté de la nature et portés à des endroits inaccessibles en nous permettant de nous dépasser mentalement et physiquement. 

Nos Anges nous ont appris a nous servir de nos ailes.

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Le temps s’est mis en pause, nous n’accomplissons plus que des gestes simples et essentiels : se déplacer, manger, boire et dormir et ressentir l’amour inconditionnel que nous portons à nos enfants.

Nathalie sera, comme toujours notre moteur, par sa bienveillance et sa volonté de nous mettre tous sur le chemin de la résilience.

Stéphanie, pour qui ce  fut une « Expédition en Terre Inconnue » et  un baptême,  sa première randonnée dans les Alpes. Elle nous a montré sa force et sa détermination a gravir cette montagne.

Dominique n’a pas hésité a faire la route depuis le Jura pour partager avec nous ce moment si intense.

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Corinne, David et Fred, nous ont donné de leur  gentillesse, de leur temps pour nous accompagner et nous soutenir dans notre quête.

 
Notre randonnée nous mènera, dans un premier temps au Refuge du Glacier Blanc – 2550 mètres.

Le refuge du Glacier Blanc est la porte d’entrée pour la haute-montagne, et donc pour nous un entrainement pour l ‘un des prochains défis Point Rose : Objectif 2020 le Mont Blanc 

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 Puis aux abords du Glacier Blanc, situé dans les Hautes-Alpes, qui est le plus grand glacier du parc national des Ecrins. Il descend du versant nord de la Barre des Ecrins.
Au XIXème siècle le Glacier Blanc et le Glacier Noir ne formaient qu’un seul glacier a deux branches. Le réchauffement les a fait reculer et se séparer en deux glaciers distincts.
 

IMG_1422Vendredi 11 août 2017

Notre quête commence au Pré de Madame Carle à 1874 mètres d’altitude.
 
 
Plusieurs légendes existent sur les origines du Pré de Madame Carle, en voici une :

Mme Carle vivait dans son château à la Bâtie des Vigneaux à l’entrée de la Vallouise. Elle avait appris qu’un jeune peintre peignait une fresque sur l’église des Vigneaux. Un jour alors que son mari était parti en campagne en Italie avec le roi Louis XII, elle décida de monter aux Vigneaux. Elle s’adressa au jeune peintre :

_ « Que peignez-vous ? lui demanda-t-elle.

_ Je peins les sept péchés capitaux, j’en ai terminé quatre, il me reste à représenter l’Orgueil, la Luxure et l’Avarice, lui répondit le peintre ».

Ils se mirent à discuter. Le peintre qui commença à tomber amoureux de la Belle Dame la raccompagna jusqu’à la Bâtie et lui proposa des rendez-vous dans toute la Vallouise .Mais à chaque fois Louise trouvait toujours un prétexte pour ne pas s’y rendre. Pendant ce temps la fresque n’avançait pas. Un jour elle décida de rendre jaloux le jeune peintre. Elle monta à l’église des Vigneaux au bras du beau seigneur de Rame, une seigneurie de la Vallée de la Durance. Le peintre rentra alors dans une colère une folle et par vengeance il peignit l’Orgueil chevauchant un lion avec le visage du Seigneur de Rame, la Luxure montée sur un bouc avec le visage de Mme Carle se regardant dans un miroir.

Nous marchons dans un premier temps sur un sentier plat qui traverse une petite forêt et  deux torrents,  les premiers lacets nous mènent à 2031 mètres. 

Une bifurcation laisse le choix entre le Glacier Noir sur la gauche, et le Glacier Blanc sur la droite. 

Pour nous, aujourd’hui ce sera à droite…

Le Glacier Blanc se dévoile à notre vue, impressionnant et massif, nous sommes à peu près à 2250 mètres d’altitude.

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Plusieurs lacets serrés nous permettent de prendre rapidement de la hauteur et la vue sur le glacier est fantastique. Tout au long de cette marche nous découvrons les merveilles que la nature à mis sur notre chemin :

IMG_1218linaire des Alpes, petite oseille, Pulsatilla des Alpes, joubarde de montagnes, chardons, papillons…

 

Nous arrivons près de l’ancien refuge Tuckett.

En juillet 1862, Félix Fox Tuckett bivouaque sur une plate-forme lors de la première tentative d’ascension des Ecrins. Un refuge y sera construit et utilisé jusqu’en 1944, date de la construction du refuge du Glacier Blanc. Le sommet des Ecrins sera atteint pour la première fois par un autre anglais Edouard Whymper en 1864 mais par le versant isérois.

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Nous poursuivons jusqu’au petit lac Tuckett. où nous faisons une courte pause, le froid et le vent ne nous laissant pas  profiter pleinement  du superbe point de vue sur les faces nord du Pelvoux et de l’Ailefroide. 

Derrière une petite butte en suivant le vol d’un oiseau, je découvre un champ de Linaigrette de scheuschzer. Ses soies forment une houpette blanche et soyeuse rappelant la douceur et la légèreté du coton.

J’avais découvert cette herbe en plein coeur de l’Islande l’été dernier.

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Après un dernier effort, le sentier et une échelle nous mènent à 2550 mètres d’altitude, où nous sommes accueillis par une gentille marmotte.

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Nous arrivons au refuge du Glacier blanc et entrons dans le Temple de la montagne, où règne une ambiance de haute montagne, baignée de calme et de respect. 

Nous sommes loin des cabanes de bergers ou des abris sous roches d’antan, mais le refuge ne pare qu’a l’essentiel de nos besoins : dormir au chaud et manger.

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Ce sera pour tout le monde, à l’exception de Nathalie, une première expérience de nuit en refuge.

Nous découvrons les règles de vie. 

Pas de chaussures dans le refuge, mais des crocs mis à dispositions. 

20841046_664772880313819_2076081325144001906_nLes dortoirs sont attribués en fonction de l’heure de réveil. Nous aurons beaucoup de mal à nous décider. Lever de soleil et petite nuit, ou réveil plus tardif ? Nous optons pour un réveil à 7h30, le plus tardif. Les Alpinistes venus passer la nuit avant de se lancer dans l’ascension du Dôme ou de la Barre des Ecrins optent eux pour un réveil à 4h30…

20842188_664771980313909_4644342066316925297_nDes caisses sont mis a disposition pour le matériel de haute montagne (casque, crampons, cordes et piolets) et les effets personnels des randonneurs.

Les dortoirs sont collectifs, le notre le numéro 7 comporte 14 couchages équipés d’oreillers et de couettes bien chaudes.

Le dîner est plus que copieux, soupe, daube et riz, fromage et dessert, servis à volonté et accompagnés de bonnes tranches de pain de montagne.

Mais il est surtout servi très tôt…  18 heures 30, même pas tout à fait l’heure de l’apéro en plaine…

Et étonnamment, après des heures d’ascension jusqu’au refuge, refroidis qui plus est par le vent glacial contre lequel peu d’entre nous avait prévu la tenue chaude adaptée, l’appétit est bien au rendez-vous dès 18h30.

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L’heure du coucher en refuge est tout aussi tôt, calquée que l’heure du coucher de soleil. A 21 heures, les gardiens du refuge eux-mêmes partent se coucher en nous confiant la responsabilité d’éteindre derrière nous. Nous nous retrouvons tous les 6 dans la salle principale équipée d’un baby-foot, de jeux de société et de livres, magazines et topos de montagne avec beaucoup de difficultés à nous décider à rejoindre notre dortoir.IMG_1292

On en profite pour relever le défi que l’on s’était fixé avant de partir… réaliser quelques bracelets en refuge avec le petit matériel emporté tout spécialement. Chacun pourra ainsi repartir avec son bracelet « local ».

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Dehors la nuit est fraîche, pour ne pas dire glaciale pour la saison, les nuages nous amènent du grésil et le vent souffle.

Hormis le vent qui fait claquer les volets, nous n’entendons plus aucun bruit…. si ce n’est quelques ronflements s’échappant de quelques dortoirs…

 

Samedi 12 août 2017

Après un réveil, peu matinal pour des montagnards et un petit déjeuner copieux nous reprenons notre ascension par le chemin partant de l’arrière du refuge avant de nous enfoncer dans la moraine pour longer la langue du Glacier Blanc.

Une ascension plus sauvage qui nous réserve le bonheur de côtoyer les glaces impressionnantes et séracs du glacier. 

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Au terme d’un crapahutage sportif dans la moraine, cette ascension nous mène à une altitude de près de 3000 m.

Tout au long de notre ascension nous sommes guidés par les cairns (ou mont-joie).

Bien qu’ils soient des amas artificiels de pierres, ils ont pour dessein de marquer un lieu particulier. Les explorateurs des régions polaires et les montagnards les érigent pour laisser une trace de leur passage.

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La vue sur le glacier et ses séracs est vraiment impressionnante et nous donne un sentiment de plénitude et de liberté. 
 
 
 
 
Nous nous arrêtons au bord du Glacier, au plus près de nos étoiles.
 
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Et comme des explorateurs, nous laissons le symbole de notre amour inconditionnel et éternel sur un névé: les prénoms de nos enfants Carla, Chloé, Renaud et Richard. Un moment simple et émouvant, Émouvant aussi parce que vécu tous ensemble. Un moment aussi éternel que notre amour.

Nous prenons le chemin du retour et nous arrêtons au Refuge du Glacier blanc pour y pique-niquer sur sa terrasse de nouveau réchauffée par des températures bien estivales.

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Nous nous installons sur la terrasse au soleil et profitons de cette vue époustouflante sur la vallée et les montagnes. 

IMG_1395De drôles d’oiseaux noirs avec un bec jaune et des pattes rouges flamboyantes volent au dessus de nos têtes. Les chocards animal très sociable n’hésitent pas a se poser près de nous entre deux envols vers les cimes. Et de sympathique marmottes bien familières nous offrent leur également leur spectacle et leurs sifflements bien reconnaissables.

Nous entamons ensuite à regret la descente pour rejoindre la « civilisation ». Nous serons accompagnés une partie du chemin par des papillons.

IMG_1420Au détour du sentier, un magnifique papillon, un Apollon se posera sur une herbe. Il sera notre protecteur jusqu’à la fin de ce périple.

Sur le retour, à la bifurcation Glacier Blanc/Glacier Noir Nathalie et Dominique enchaineront volontairement le second glacier : le Glacier Noir.

L’ascension sera moins aisée car ils marcheront sur une crête morainique mais profiteront d’un panorama époustouflant sur les hautes cimes des Écrins.

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Nous nous retrouvons tous en fin d’après-midi au village d’Ailefroide avant le retour, avec l’envie commune de recommencer l’expérience et de nous rochapprer une nouvelle fois « au plus près de nos étoiles »

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 Texte et photos, Christelle Corizzi, Août 2017

 

 

 

 

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